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Ruines romantiques de la Meilleraye, Beaulieu sous Parthenay, XVIe siècle

ruines de la meilleraye

Ce château fut le berceau de l'une des trois plus grandes familles locales de haute noblesse, avec les La Trémoille à Thouars et les Gouffler à Oiron et Saint-Loup-Sur-Thouet, qui furent étroitement mélées aux grands évènements de l'Histoire de France sous l'Ancien Régime. Un petit manoir féodal, relevant de la baronnie de Parthenay, s'élevait jadis sur l'emplacement du futur et magnifique château de La Meilleraye.

Il fut acheté le 12 novembre 1574 par Jean de la Porte, apothicaire à Parthenay, à la famille Marafin qui avait succédé, dans la seconde moitié du 15e siècle, aux Liniers, premiers possesseurs connus. Son neveu Charles I de la Porte, qui devint plus tard gentilhomme de la chambre du roi Henri IV, hérita de La Meilleraye en 1585 et fit commencer vers 1620 par l'architecte Clément Métezeau, l'auteur de la digue de La Rochelle, la construction d'un nouveau château.

Marié à Claude de Champlais, il eut un fils qui poursuivit son oeuvre, en effectuant de grands travaux d'embellissement autour du corps de bâtiment qu'il avait trouvé nu et destitué de tous accompagnements. Ce fils n'était autre que le maréchal de France Charles II de la Porte, duc de La Meilleraye. Sa tante, Suzanne de la Porte, épouse de François du Plessis, était la mère du cardinal de Richelieu. Charles II épousa, en 1637, en deuxièmes noces, Marie de Cossé-Brissac qui vécut à La Meilleraye avec le jeune Armand Charles, son beau-fils, né en 1632 d'un premier mariage de son époux avec Marie d'Effiat. Armand Charles épousa, en 1661, Hortense Mancini, nièce du cardinal Manzarin, et devint la même année duc de Mazarin, à la mort du cardinal. Il mena un train de vie princier et à la mort de son père en 1664, il hérita de toutes les charges que celui-ci occupait en Bretagne et à la cour de France. Malheureusement, Il perdit la faveur royale et sa femme Hortense le quitta. Il était fort laid et austère et elle était belle et volage. Armand Charles se retira alors en 1673 à La Meilleraye, devint seigneur dévot, généreux et charitable et y mourut en 1713. Son fils Guy Paul Jules, qui se distingua dans les armées de Louis XIV, eut pour héritier son fils Guy Paul Jules, qui abandonna définitivement La Meilleraye et en confie la garde à son serviteur Claude François Gallas, moyennant salaire, puis à son fils Pierre François Gallas, concierge.

Le château décadent fut vendu sur licitation en 1776 au comte d'Artois, frère de Louis XVI, qui ne s'y intéressa en aucune façon. A la révolution, La Meilleraye fut séquestrée comme bien d'émigré. Vendue nationalement, elle servit de carrière exploitée par tous les propriétaires successifs avec plus ou moins d'activité. La belle statue en marbre blanc du cardinal Richelieu fut brisée et la tête servit de contrepoids à un tournebroche !

Il est difficile actuellement de se faire une image de cette importante et somptueuse demeure seigneuriale, si ce n'est par les divers inventaires et en particulier celui de 1738.

Source : Chateaux, Manoirs et Logis. Les Deux-Sèvres. Association Promotion Patrimoine, 1991.

 

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